Yes FM et Rouge FM sont reprises par le genevois MediaOne

Les deux groupes de radios privées qui se sont entre-déchirés durant des années pour le contrôle des auditeurs de l’arc lémanique vont se rapprocher, a appris la Tribune de Genèvede deux sources au fait des discussions en cours.

Contacté jeudi après-midi, Antoine de Raemy, le fondateur de Media One – la société derrière One FM et LFM – confirme l’arrivée du groupe Rouge et de ses stations Rouge FM et Yes FM dans le giron de sa société. La chaîne télévisée Rouge TV fait également partie du nouvel ensemble. Leur propriétaire, Hugues de Montfalcon de Flaxieu, «deviendra l’un de nos associés», précise Antoine de Raemy, qui n’avance pas la part qui doit lui revenir dans le nouvel ensemble.

Rouge «se porte bien»

Le rapprochement ne serait pas justifié par des difficultés au sein du groupe Rouge – en septembre, des employés évoquaient une cinquantaine de licenciements et de départs en l’espace de deux ans. Le groupe lausannois «se porte bien et ne perd pas d’argent», rétorque le patron de Media One. Cette fusion vise selon lui à former une nouvelle force de frappe lémanique sur un marché publicitaire en difficulté; une tendance à l’œuvre aussi bien dans l’alliance des géants Ringier, SSR et Swisscom que dans celle de stations FM jurassiennes et neuchâteloises.

«Nous visons à terme la formation d’un groupe capable de générer 25 millions de francs de recettes», esquisse le patron de Media One, groupe genevois dont le chiffre d’affaires est passé de 5 millions de francs en 2003 – date du rachat de One FM et LFM par Antoine de Raemy – à 14 millions aujourd’hui.

Pas de licenciements prévus

Le regroupement des équipes des deux sociétés – 120 personnes au total, réparties entre Genève et Lausanne – ne donnera lieu à «aucun licenciement». Une vingtaine de journalistes travaillent pour les quatre radios, tandis que les deux régies publicitaires emploient une trentaine de personnes au total. C’est par la pub – le nerf de la guerre – que commencera la fusion. Dès le 1er juillet, la régie Media One Contact SA servira la totalité des stations – radios et TV – du nouvel ensemble.

Les quatre radios seront, elles, juridiquement regroupées d’ici à la fin de l’année. «Plus complexe – en raison des concessions attribuées par l’Etat – la répartition de leur capital sera soumise à l’Ofcom, notre autorité de tutelle», explique Antoine de Raemy. Celui qui est aujourd’hui administrateur du groupe genevois – son fils de 31 ans, Alexandre, en assure la direction – promet que «chacune des stations conservera son identité propre».

Un an de négociations

One FM et LFM – les deux radios de Media One – revendiquent une audience de 110 000 et 125 000 personnes, contre environ 120 000 auditeurs pour Rouge FM et 70 000 pour Yes FM.

Cette dernière fréquence est en perte de vitesse, et l’objectif est de «la rebooster» et «de renforcer son contenu genevois – pensez Radio Lac», ironise Antoine de Raemy. Un clin d’œil qui fait référence à la station genevoise qui avait été rachetée par Hugues de Montfalcon en 2006 – devenue par la suite Yes FM – trois ans après sa reprise de la radio vaudoise Framboise.

Ancien cadre de Manor, Antoine de Raemy précise que le rapprochement se fera uniquement par échange de parts, sans versement de «cash». Hugues de Montfalcon semble n’en avoir guère besoin. Cet exilé fiscal français – il a fait fortune en vendant sa société Jet Multimedia en haut de la bulle Internet, il y a quinze ans – serait à la tête d’un patrimoine de 200 à 300 millions de francs selon le magazine Bilan, estimation contestée par l’intéressé.