Les quotas francophones en radio, suite….

radios musicales de France

COMMUNIQUE DE PRESSE du MARDI 7 JUIN 2016

Le Parlement va-t-il prendre le risque d’anéantir l’ensemble du dispositif des quotas francophones en radio en prenant des dispositions inacceptables et intenables pour les radios ?

Dans le cadre de l’examen du projet de loi Liberté de la création, architecture et patrimoine, les députés et les sénateurs seront réunis en Commission Mixte Paritaire le 15 juin au Parlement et devront prendre une décision politique historique touchant à l’exposition des titres musicaux sur les radios privées.

Depuis l’instauration des quotas francophones en France l’environnement concurrentiel a profondément été modifié avec l’apparition d’internet. Les usages d’écoute de la musique sont métamorphosés notamment auprès des plus jeunes et la production de musique francophone s’est effondrée avec désormais 83% de la production de nouveautés françaises en anglais.

Le lobbying acharné depuis 2 ans d’une partie de la filière musicale, entraînée par la SACEM, à l’encontre des radios laisse croire à la représentation nationale que la limitation du nombre de diffusions des artistes qui s’expriment en français sur les antennes des radios serait un moyen de défendre la francophonie.

C’est méconnaitre totalement l’état de la production française et les réalités d’une programmation, éprouvées et vérifiées au contact des auditeurs. C’est également aller contre la chanson française en empêchant l’émergence de nouveaux succès français, qu’ils soient francophones ou non.

L’argument du plafonnement des rotations, matraqué auprès des parlementaires sans étude d’impact de la mesure dans la programmation des radios et de ses effets, trompe largement la représentation nationale, au détriment d’une concertation réelle entre professionnels et pouvoirs publics sur deux sujets importants et distincts : la diversité musicale et les quotas francophones.

Malgré les tentatives de la Ministre de la Culture et de la Communication Audrey Azoulay depuis son arrivée, pour parvenir à une mesure équilibrée, c’est un constat d’échec, car aucune concertation réelle n’a eu lieu. La voix des radios privées, quotidiennement à l’écoute des attentes réelles de leurs auditeurs, n’a pas été prise en compte, pas plus d’ailleurs que n’ont été évalués les impacts de cette mesure sur le développement de « stars » francophones, qui tirent aujourd’hui le marché, et permettent les investissements sur des projets alternatifs.

On cherchera vainement, d’ailleurs, des marques de satisfaction sans réserve des organisations de producteurs sur les dispositifs de durcissement des quotas envisagés, les uns s’opposant au plafonnement des rotations (l’UPFI), les autres souhaitant supprimer les dispositifs de modulation (SNEP).

C’est véritablement dans une cacophonie que s’achève ce débat, qui n’a jamais réellement eu lieu sur le fond, et qui risque de déboucher sur une mesure aussi absurde qu’inapplicable.

Il est d’ailleurs édifiant que le service public radiophonique soit moins disant que les radios privées en n’étant pas soumis aux mêmes règles en matière d’exposition de titres francophones.

Face à toutes ces contradictions, le législateur ne doit pas oublier l’action et le rôle positif des radios privées à la richesse culturelle de notre pays, au lien social qu’elles tissent chaque jour avec les auditeurs, particulièrement en ces périodes troublées.

Les radios musicales privées demandent solennellement le retrait de la mesure de limitation des rotations sur leurs antennes qui les placent sous tutelle de l’industrie musicale, dans un contexte de développement des plateformes musicales non régulées et de bouleversement des usages, et qui metsignificativement en danger l’ensemble des dispositifs d’exposition des quotas francophones.

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